Des moteurs Flex pour accompagner le bioéthanol

22 mai 2008 par Sylvain  
Catégorie Les véhicules propres

L’ « essence verte » qu’est le bioéthanol est une alternative au pétrole en développement sérieux. Elle promet 40% d’émissions de dioxyde de carbone en moins qu’un véhicule au Super sans plomb classique. Encore faut-il en profiter sans trop se ruiner d’un point de vue équipement automobile.

« Je réserve de bonnes surprises aux Français, et sur les voitures, et sur la fiscalité », disait le ministre de l’environnement, Jean-Louis Borloo, il y a quelques mois. Très bien, mais en attendant le paquet cadeau : on fait quoi ?

Passer de l’essence à l’E85,
simple comme un bouton marche/arrêt

Bioéthanol

A défaut d’acheter une des ces nouvelles voitures dont les moteurs ne rugissent que pour l’éthanol, on peut investir dans le moteur de type « flexfuel ». Passage obligatoire si l’on ne veut pas noyer son moteur standard en dépassant le seuil conseillé des 20% de bioéthanol mélangé à de l’essence. Seuil au-delà duquel la survie d’un moteur normal n’est plus garantit.
Les moteurs Flex, ou pour VCM, Véhicule à Carburant Modulable, eux, ne promettent que des avantages pour l’écosystème. Concrètement, des boîtiers « flex » transforment une voiture à essence déjà en circulation en voiture bi-carburant, via des dispositifs d’injections spécifiques – calculateur ou injecteurs par exemple – à cette utilisation.
Avec ce dispositif, un moteur peut fonctionner indifféremment au Superéthanol E85, proposé sur le marché, ou au Super sans plomb classique. Sans contrainte. Le moteur s’adapte lui-même au mélange qu’on lui injecte.
Mais il y a tout de même un bémol : tous les matériaux du moteur ne supportent pas la forte corrosion de l’éthanol. Durits, réservoirs, joints et autres conducteurs du mélange ont leur susceptibilité à ce sujet. Les véhicules d’avant 1994 seront les plus touchés. Ceux qui ont passé cette date n’auront aucun problème, ils ont en effet des joints et durites compatibles avec l’E85.  Des critères à prendre en compte avant de se précipiter chez un fournisseur.

Les publicités sur Internet n’en manque pas, les slogans accrocheurs non plus : « Simple et rapide, l’installation se fait en quelques minutes », « 90% des voitures compatibles avec des boîtiers allant de 300 à 600 euros ».
Et quand on sait que l’utilisation d’un boîtier Flex, c’est encore plus simple que de démarrer sa voiture… Ce n’est pas un simple bouton marche/arrêt pour confirmer la conduite sous bioéthanol qui devrait arrêter les plus écologiques d’entre vous.
 

Biocarburants : bientôt 7%

18 mai 2008 par Sylvain  
Catégorie Les véhicules propres

Le rapport qui a été remis au ministre de l’Ecologie par le Comité opérationnel sur les énergies renouvelables, dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, confirme la place importante des biocarburants de première génération (à base de saccharose ou d’amidon transformés par fermentation ou distillation) dans une logique de développement des énergies renouvelables. Incorporer un minimum de 7% d’ici à 2010 – en incorporation directe, l’E85 ou l’ETBE – dans l’essence et le gazole est « atteignable avec les biocarburants actuellement produits en France et en Europe dans le respect de conditions de durabilité », peut-on y lire.

Biocarburant

  Le modèle européen de développement n’a pas d’impact sur la pénurie alimentaire :

Ces objectifs sont d’autant plus atteignables qu’ils sont raisonnables (10 % dans l’Union Européenne) et basés sur la diversification des matières premières. Le modèle européen de développement du bioéthanol ne peut pas avoir directement d’impact sur la sécurité alimentaire menacée dans de nombreux pays en voie de développement. La dynamique engendrée sur le plan mondial peut, par contre, entraîner des effets pervers. C’est le cas au Brésil où le rendement économique a poussé le gouvernement Lula au remplacement d’une trop grande partie des champs réservés à l’alimentation par des champs de canne à sucre réservé au biocarburant. Mais en Europe, il n’existe pas de conflit entre la production de cultures à usage alimentaire et celles destinées au développement du bioéthanol.

En France, l’objectif national fixé pour 2010 ne concerne que 3% des surfaces agricoles cultivées en céréales et en betteraves. Soit moins de 270 000 hectares. Et en Europe, la surface qui sera consacrée aux cultures énergétiques atteindra en 2020, les 17,5 millions d’hectares, soit 15% des terres arables de l’UE.