Du bio dans les cantines
13 mai 2009 par Florence
Catégorie Actualité
Manger bio à la cantine, c’est possible ! A l’horizon 2012, un objectif de 20 % de produits biologiques, dans la restauration collective publique, a même été fixé par le gouvernement (circulaire signée par le premier ministre en 2008). Et la part de la surface agricole consacrée à l’agriculture biologique doit atteindre 20 % d’ici 2020.
Quels avantages à développer les repas biologiques en collectivité (cantine scolaire, d’entreprise, d’hôpital, etc.) ?
Dans de nombreux pays, cela est considéré comme un moyen efficace de développer les filières biologiques et paysannes, beaucoup plus écologiques. De plus, l’alimentation bio est une vraie réponse en matière de santé publique et de sécurité alimentaire dans le contexte de crises alimentaires actuel (vache folle, OGM, pesticides…), car elle permet de concilier variété, qualité, traçabilité et sûreté alimentaire à un coût acceptable. Mais aussi, cela permet à tous, et tout particulièrement aux enfants, de redécouvrir l’acte de manger sain, en accord avec les saisons et la nature, ce qui contribue, en passant, à lutter contre l’obésité.
Ainsi, la Fédération nationale des agriculteurs biologiques des régions de France (FNAB) définit les valeurs que les agriculteurs bio souhaitent partager avec leurs partenaires de la restauration collective : des aliments de culture biologique certifiée, un approvisionnement de proximité, des produits de saison, frais et peu transformés, des emballages réduits, le choix de variétés locales pour aider la biodiversité, des menus équilibrés, etc.
Un problème de coût ?
La mise en place d’une restauration collective génère souvent des réticences concernant le prix des repas bio, plus élevé que les repas habituels. La collectivité et/ou les parents devront assumer une bonne part des surcoûts des repas bio. Il faudra donc prendre bien soin d’expliquer le surcoût en toute transparence, ceci d’autant plus que ce surcoût est maîtrisable. L’aliment biologique est un aliment de qualité, qui nécessite plus de main d’oeuvre, pour un rendement à l’hectare inférieur. Et les petits volumes de vente empêchent de faire des économies d’échelle. Le prix inclura aussi les frais de certification bio et de contrôle du produit. Les agriculteurs bios perçoivent aussi moins de subventions que les autres agriculteurs. Mais en comparaison, l’aliment non biologique a des coûts cachés souvent méconnus : coût de dépollution des eaux et de santé publique à cause des pesticides utilisés, nos impôts qui financent les aides agricoles, les pertes d’emplois agricoles
Qu’en est-il aujourd’hui ?
Pourtant, malgré tous les bienfaits du bio, la France ne compte que 2% de surface agricole biologique et les produits bios représentent 0,5 % du marché de la restauration collective (source FNAB)… C’est peu, au regard de la demande croissante des consommateurs. Pour satisfaire les besoins actuels, nous sommes obligés d’importer des produits bio en provenance d’Europe ou d’autres pays du monde…avec tous les transports et les émissions de gaz à effet de serre que cela implique ! La France a tout intérêt à favoriser l’installation d’agriculteurs bio sur nos territoires, afin que chacun ait accès à une alimentation saine et respectueuse de l’environnement quel que soit le lieu où il habite.
La France, mauvaise élève ?
Regardons chez nos voisins transalpins. Plus de 1 million d’hectares, soit 8 % du territoire agricole national italien, est cultivé en bio. Et la restauration collective (cantines scolaires, maisons de retraite) est passée au bio depuis longtemps, ce qui fait d’ailleurs l’objet d’une loi. Les italiens portent une attention énorme sur la qualité des repas.
Quelles sont les démarches à suivre ?
L’implantation de la nourriture bio dans la restauration collective peut s’opérer grâce à une démarche collective et une implication de tous les acteurs : parents, communes, éducation nationale, personnel de santé, agriculteurs, entreprises de restauration. De nombreuses initiatives, portées par des associations ou des collectivités locales, ont émergé en France depuis une quinzaine d’années.
Par exemple, depuis 2001, le Conseil général de l’Isère et l’Association pour le Développement de l’Agriculture Biologique (ADABio), ont pour objectif de faire évoluer le comportement alimentaire des enfants et adolescents, à travers une alimentation naturelle et locale, accompagnée d’actions éducatives autour des thèmes de l’équilibre alimentaire, du lien entre agriculture, alimentation, environnement et santé, ou bien autour de la découverte des diversités culinaires et gustatives. Elle vise également à développer une alimentation bio de qualité en restauration scolaire par la mise en place de projets durables. De plus en plus de collèges mettent en oeuvre ce programme : 28 établissements ont programmé une action en 2007-2008 contre 15 en 2006-2007.
Mais qu’en est-il des cantines gérées par les grands groupes Sodexo, Avenance, qui représentent une part très importante de la restauration collective ? A la signature d’une nouvelle convention ou lors de la rédaction des appels d’offre, charge aux municipalités de négocier la présence du bio dans les repas.
Bon à savoir : attention au tout, tout de suite ! Il est recommandé de ne pas passer tout de suite au 100 % bio, mais d’introduire progressivement des aliments bios dans les repas, en commençant par exemple par le pain, les fruits, etc. Cela permet de maîtriser les coûts, de changer doucement les habitudes des enfants et du personnel de restauration, tout en respectant la filière
Pour en savoir plus sur les démarches à effectuer, site de la fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) dédié à la restauration collective bio : www.repasbio.org
Vous êtes motivés ?
Le WWF lance une campagne nationale sur 3 ans : « oui au bio dans ma cantine ». Cette première année, l’action se concentre autour des élus et des écoles primaires. Le WWF donne rendez-vous aux parents d’élèves le 18 juin pour une action symbolique auprès des élus de leurs communes. Au menu : lettres, kits de mobilisation, pétition très prochainement en ligne…Pour en savoir plus www.wwf.fr.

